La colonisation espagnole doublée de l'émigration noire a fortement influencé la culture et les arts dominicains. Longtemps muselés, ils semblent prendre leur revanche depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours.
Musique et danse
Elles occupent naturellement une place de choix à travers les siècles. Issu d'un mélange de culture espagnole et africaine le rythme le plus connu est le mérengué aux accents enfiévrés. La naissance du mérengué est mal connue : selon certains, cela serait une combinaison de danses d'esclaves africains et du... menuet français ! Plus vraisemblablement, elle tirerait ses origines d'une danse répandue dans les Caraïbes au milieu du XIXe siècle, l'Urpa, dont l'un des mouvements se nommait ainsi. La musique et la danse en République Dominicaine à son importance.
De nos jours, on distingue le mérengué traditionnel, joué dans les campagnes avec un accordéon, un guavo, une tambora et un tambour local, de celui de salon, développé par des groupes professionnels qui ont ajouté cuivres, piano et choeurs. Elevé au rang de musique nationale, on peut même assister à la Semana del merengue, qui a lieu chaque année vers la fin du mois de juillet : c'est alors l'occasion rêvée de se mêler à la population en dansant dans la rue ou sur la plage. Tout aussi populaire et bien plus locale, la bachata est une combinaison de mérengué et de chansons romantiques en vogue depuis les années 1970. Parmi les chanteurs les plus célèbres, on peut citer Juan Luís Guerra et Raulin pour la bachata, Sergio Vargas, et Johnny Ventura pour le mérengué. L'influence de la salsa vient également se greffer sur les rythmes locaux.
Littérature
La littérature dominicaine a, pour sa part, suivi peu ou prou les méandres historiques du pays. Siège de la première université d'Amérique, Saint-Domingue favorise très certainement l'émergence d'une littérature locale, à laquelle s'ajoutent les récits de voyageurs et de missionnaires, de colons et de chroniqueurs. Ce n'est cependant qu'au XIXe siècle que naît un véritable courant littéraire avec le poète Felix María del Monte ou les écrivains Manuel de Jesús Galvan et José Joaquín Perez. Ce sont d'ailleurs les récits patriotiques et autres textes historiques qui, dès lors, prédominent dans la littérature dominicaine. Federico Bermudez dénonce les souffrances de son peuple, Federico García Godoy raconte l'indépendance du pays et Manuel de Cabral aborde souvent des thèmes existentiels dans sa poésie. L'accession au pouvoir de Trujillo appauvrit la production littéraire. C'est pourtant durant cette période que Juan Bosch, celui-là même qui devient président, écrit ses plus belles oeuvres. Plus récemment, quelques auteurs, largement influencés par des courants littéraires étrangers se font connaître, comme Jeannette Miller, Miguel Alfonseca ou encore Hector Díaz Pollenca.
Peinture
La peinture dominicaine est un art en pleine explosion dans le pays. Outre Jaime Colson, qui étudia en France dans les années 1920 et subit l'influence de Picasso, Braque et Léger, signalons Cándido Bido, né en 1936 et ancien élève des Beaux-Arts de Saint-Domingue, dont les collages sont connus à travers toute l'Amérique latine. Il a fini par créer sa propre école d'art à Bonao. Ramón Oviedo, doyen de la peinture abstraite, né en 1927, a vu son talent récompensé tardivement : ce n'est qu'en 1992 qu'une de ses fresques murales est inaugurée à l'Unesco. Fernando Ureña Rib n'a pas attendu d'avoir quarante ans pour être reconnu : ses tableaux forcent l'admiration de nombreux critiques. Citons encore José García Cordero, en France depuis une vingtaine d'années et adepte du réalisme. Un autre enfant du pays mérite d'être cité : il s'agit du styliste Oscar de la Renta, qui effectua également ses études à l'Ecole des beaux-arts.